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54 REGISTRES DU BUREAU [i56o]
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LXXXVI. — Lettres du Rov touchant les fermes. — Autres lettres du Roy pour les obseques du Chancellier Olivier.
'8 avril i56o. (Fol. 55 v°.)
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Led. jour, ont esté apportées lettres missives du Roy, dont la teneur ensuit :
31 mars. De pau le Roy.
t;Trés chers et bien aînez, nous vous envoyons le double d'ung memoire et remonstrances qui nous a esté en nostre Conseil privé présentées de la part du Contrerolleur des deniers commungs de nostre ville de Paris, et vous mandons, commandons et expressement, enjoignons veoir exactement et diligemment le contenu, et incontinant après nous certiffier dc l'interest que avons au bail faict à main ferme des choses dont est question, et des offres et encheres que l'on a depuis voullu faire sur icelles, et après nous envoyer voslredicte certiffication, pour icelle veue y pourvoir, ainsi que verrez estre à faire.
"Donné à Amboise, le dernier jour de Mars mil vclix, avant Pasques."
Ainsi signé: FRANÇOIS.
Et au dessoubz : Burgensis.
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A noz trés chers et bien amez les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris..
31 mars.
"Trés chers el bien amez, pour ce que nous desirons que aux obseques et funerailles de feu nostre trés cher et feal Chancellier soit par vous et les officiers de nostre Ville assisté, observans ' Ies honneur et ceremonyes acoustumées estre faictes aux enlerre-mens des Chanceliers de France, comme les trés grands et recommandables services que chascun sçait qu'il a faict le meritent, et vous en avons bien voullu advertir par la presente, vous prians ainsi le faire, et de garder et faire entierement observer lesd, ceremonyes en la plus grande solempnité que faire ce pourra, ainsi que nous asseurons que vous ferez. Car lel est nostre plaisir.
"Donné à Amboise, le dernier jour de Mars mil vc lix , avant Pasques. »
Ainsi signé : FRANÇOIS.
Et au dessoubz : Burgensis.
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LXXXVII. — Convoy et enterrement du Chancelier de France Olivier.
26 et 28 avril i5Go. (Fol. 56 r°.)
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Le vendredi, xxvi° jour d'Avril mil vc soixante, vindrent au Bureau de la ville de Paris trois gentilzhommes, vestuz de deul, semondre Mess" de la Ville et les officiers du corps d'icelle à assister à l'enterrement et obseques de feu monsr le Chancellier Olivier (1', qui sera dimenche, trois heures de relevée, ce que Mess™ promisrent faire.
Et led. jour de dimenche, Mess™ de lad. Ville se trouverent à deux heures de relevée avec Mess" Ies Conseillers, Quarteniers et quatre mandez de chacun quartier, et envoyèrent mesd. s™ vingt archers de lad. Ville au logis dud. Chancelier, et en relin-
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drent trente six pour porter trois douzaines de torches que Iad. Ville avoit fait faire, avec les escussons aux armes de lad. Ville atachez ausd, torches, et partirent en l'ordre qui ensuit :
Premierement, marchoient lesd, archers, arbalestriers et hacquebutiers portans lesd, torches, et alloient ung peu devant, et demeurèrent leurs cappitaines et leurs lieutenans avec Mess", et marchoient devant eulx;
Suyvoient les sergens de lad. Ville, vestuz de leurs robbes my parties et navire surl'espaulle;
Après, marchoient Mess" et le Greffier devant eulx, tous à cheval, vestuz de leurs bons habitz noirs;
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O François Olivier, qui appartenait à une illustre famille parlementaire, avait occupé une première fois le poste de Chancelier de 1545 .à i55i; il fut appelé de nouveau à ces hautes fonctions en 1559 après le décès de Jean Bertrand. Vieilleville lui prête un rôle peu honorable lors de la découverte de la conspiration d'Amboise; le Chancelier aurait, paraît-il, répondu aux sollicitations du duc de Nemours et de la Reine qu'un Roi n'était nullement tenu de garder sa parole à un sujet rebelle. S'il faut en croire les Mémoires de Vieilleville (coll. Michaud, 1" série, t. IX, p. 188), après l'exécution des conjurés, Ie chancelier Olivier tomba malade d'une extréme mélencolie causée par le remords et serait en quelque sorte mort de chagrin; il décéda le 3o mars à Amboise, laissant d'Antoinette de Cerisay plusieurs enfants. Michel de l'Hôpital, son successeur, fit son éloge le 5 juillet i56o. (Cf. Blanchard, Généalogies des présidents du Parlement, p. 185.)
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